Un vendeur qui maîtrise techniquement ce qu'il vend (matériel, équipement, solution industrielle ou pro) et qui se déplace chez ses clients pour décrocher des contrats. Mi-expert produit, mi-commercial : tu prospectes, tu conseilles, tu négocies, et tu es jugé sur un chiffre d'affaires.
Les missions
- Prospecter de nouveaux clients pros : appels à froid, visites non planifiées, relances de devis en attente — la partie que personne n'aime mais qui paie le salaire.
- Préparer et suivre des plans de tournée : organiser sa semaine secteur par secteur, optimiser les kilomètres et les rendez-vous sur le terrain.
- Faire des rendez-vous clients en face-à-face : comprendre un besoin technique, démontrer le produit, répondre aux objections sur place.
- Chiffrer et rédiger des devis : configurer une solution, calculer un prix, ajuster les remises dans les marges autorisées.
- Négocier les conditions commerciales : prix, délais, volumes, conditions de paiement — tenir sa marge face à un acheteur qui veut la baisser.
- Faire le reporting dans le CRM : saisir chaque visite, mettre à jour le pipeline, rendre des comptes sur les objectifs chiffrés.
Le cadre (où, avec qui)
Tu travailles surtout en déplacement, seul au volant la majorité du temps, sur un secteur géographique attribué (un département, une région, parfois plus). Tes interlocuteurs sont des professionnels : acheteurs, artisans, chefs d'atelier, responsables techniques — pas des particuliers. Tu alternes voiture, rendez-vous chez le client (atelier, chantier, bureau, entrepôt) et temps administratif depuis chez toi ou au siège. Tu dépends d'un responsable commercial qui suit tes chiffres. Horaires théoriques de bureau, mais en pratique calés sur la dispo des clients : tôt le matin, parfois le soir. Rythme dicté par des objectifs chiffrés mensuels ou trimestriels — la pression du « combien tu as signé » est permanente.
Une journée type
7h30 : café, dernier coup d'œil au CRM et à la tournée du jour, route vers le premier client (souvent 30-60 min de trajet). 9h : premier rendez-vous chez un client, démo produit et discussion besoin. 10h30 : reprise de la route vers le rendez-vous suivant. 12h : déjeuner seul sur une aire ou rapide avec un client. 14h-17h : deux à trois visites, dont une prospection « dans le dur » sans rendez-vous. 17h30 : retour, ou pause dans la voiture pour rappeler des prospects et caler la semaine. 18h-19h30 : à la maison, rédaction des devis promis, saisie des comptes-rendus dans le CRM, réponse aux mails. Le travail visible (les visites) cache un gros travail invisible le soir.
La réalité du salaire
Ordre de grandeur, à confirmer selon secteur et entreprise. Débutant reconverti : généralement entre 1 560 € et 1 950 € net/mois de fixe (soit ~2 000-2 500 € brut), plus une part variable. Cette part variable (commissions, primes sur ventes) représente souvent 25 à 30 % de la rémunération — mais elle n'est PAS garantie : un mois sans signature = juste le fixe. Avec quelques années et un portefeuille qui tourne, on monte en général vers 2 340 € à 3 510 € net/mois (variable inclus), et les très bons profils seniors dépassent. Avantages fréquents : voiture de fonction, carte essence, badge autoroute, tablette/téléphone, parfois tickets resto. Le piège classique : un fixe modeste « compensé » par un variable qu'on te vend comme énorme mais qui dépend d'objectifs durs à atteindre la première année, le temps de te faire un secteur. Vérifie toujours la part fixe AVANT de signer.
Y accéder en reconversion
Deux portes d'entrée. 1) Par l'expérience technique : si tu viens d'un métier technique (électricité, BTP, mécanique, industrie...), certaines boîtes recrutent sans diplôme commercial — ta connaissance produit vaut le diplôme, tu apprends la vente sur le tas. 2) Par un titre/diplôme en reconversion : le Titre Professionnel « Négociateur technico-commercial » (AFPA et autres organismes), de niveau 5 (équivalent bac+2 / BTS), est la voie reine. Finançable CPF, en alternance (souvent ~12 mois, type 3 semaines entreprise / 1 semaine centre) ou en formation continue. À confirmer selon l'organisme : la plupart demandent en prérequis un niveau bac (bac pro commerce ou titre niveau 4) + quelques mois d'expérience, donc ce n'est pas toujours accessible totalement sans bac — se renseigner auprès du centre. Voies de financement reconversion : CPF, Projet de Transition Professionnelle (PTP), contrat d'alternance (pro ou apprentissage).
La pénibilité, sans filtre
- La route, beaucoup de route : des heures seul en voiture chaque jour, fatigue, kilomètres, et le risque réel d'accident qui va avec.
- La pression du chiffre, permanente : tu es jugé sur ce que tu signes, pas sur tes efforts. Un mauvais trimestre se voit immédiatement et le variable plonge.
- Le rejet à répétition : en prospection, on te dit « non » bien plus souvent que « oui ». Il faut un mental solide pour ne pas le prendre personnellement.
- Le travail invisible du soir : devis et CRM se font souvent après les visites, ce qui étire les journées bien au-delà des horaires affichés.
- L'isolement : pas de collègues à côté de soi la journée, peu de routine fixe. C'est un métier solitaire malgré le contact client permanent.
Évolutions possibles
- Responsable / chef des ventes : encadrer une équipe de commerciaux, gérer un secteur plus large.
- Key Account Manager (grands comptes) : se spécialiser sur les gros clients stratégiques, à plus forte valeur.
- Responsable commercial ou directeur des ventes : piloter la stratégie et les objectifs d'une région ou d'une activité.
- Indépendant / agent commercial : travailler à son compte pour plusieurs marques (à confirmer : revenus très variables, dépendants du portefeuille).
Pour toi si…
Pour quelqu'un qui ne supporte plus de rester assis derrière un bureau toute la journée et qui veut bouger, rencontrer du monde, voir du concret. Pour un profil autonome, organisé, qui aime relever des défis chiffrés et que la liberté (gérer son agenda et son secteur seul) motive plus qu'elle n'angoisse. Idéal si tu as déjà un bagage technique d'un ancien métier manuel ou industriel : tu parles déjà le langage de tes clients, c'est un vrai atout en reconversion.
Évite si…
Évite si tu as besoin d'un salaire stable et prévisible chaque mois : le variable peut faire le yo-yo. Évite si le rejet te démolit, ou si tu détestes l'idée de relancer des gens et d'« aller chercher » le client. Évite si tu fuyais le bureau pour fuir aussi l'administratif : ici tu as du devis et du CRM tous les soirs. Évite si tu n'aimes pas conduire ou si rester seul des heures dans une voiture t'angoisse. Et surtout, ne crois pas que « technico » veut dire « surtout technique » : c'est d'abord un métier de vente, avec la pression commerciale qui va avec — si vendre te répugne, ce n'est pas pour toi.
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