Tu assembles des pièces métalliques par fusion (MIG/MAG, TIG, électrode enrobée) pour fabriquer des structures, tuyauteries ou charpentes. C'est un métier de précision et de dextérité — la qualité du cordon de soudure est visible et mesurable. Les bons soudeurs (surtout en TIG et position difficile) sont rares et recherchés, ce qui crée une vraie valeur sur le marché.
Les missions
- Préparer les pièces à souder : dégraissage, meulage, pointage, assemblage préalable
- Réaliser les cordons de soudure selon le procédé (MIG/MAG, TIG, électrode) et la position (à plat, en angle, au-dessus)
- Lire et interpréter les plans et documents de fabrication (DMOS — documents de mode opératoire de soudage)
- Contrôler visuellement la qualité des soudures ; autocontrôle dimensionnel
- Effectuer la finition : meulage, brossage, ébavurage des soudures
- Entretenir le matériel de soudage (changement de buses, réglage du gaz, entretien de la torche)
Le cadre (où, avec qui)
Atelier de fabrication (chaudronnerie, serrurerie, industrie) ou chantier (construction métallique, pétrochimie, maintenance industrielle). En atelier : postes fixes ou semi-fixes, ambiance plus calme, travail répétitif. Sur chantier : mobilité, travail en hauteur ou en position difficile (à genoux, couché), conditions variables. Protection indispensable : masque de soudure avec filtre automatique, gants cuir, tablier cuir, manchons. Nuisances réelles : projections, fumées de soudage (ventilation obligatoire), bruit. Horaires classiques de journée en atelier (7h–16h). Astreintes possibles en maintenance industrielle. Employeurs : chaudronneries industrielles, serrureries métalliques, constructeurs de structures, entreprises de maintenance, pétrochimie.
Une journée type
Arrivée à 7h, lecture du plan de fabrication du jour. Préparation des pièces (débit, pointage). Soudage de 8h à 12h (c'est le cœur productif). Repas 30 à 45 min. Reprise : finitions (meulage, contrôle visuel), préparation de la prochaine pièce. En fin de journée : nettoyage du poste, remplissage des fiches de production. Les horaires supplémentaires sont courants en période de forte charge.
La réalité du salaire
Débutant après formation (Titre pro ou CAP) : 1 600–1 800 € net/mois. Soudeur qualifié (certifié EN 287/ISO 9606, procédés multiples) : 2 000–2 500 € net. Soudeur TIG inox/aluminium ou tuyauteur-soudeur chantier : 2 500–3 200 € net voire plus (profils rares, très recherchés). Les primes de feu, de chantier et les déplacements sur grands travaux (pétrochimie, nucléaire) peuvent augmenter significativement la rémunération. ⚠️ Ordres de grandeur — variables selon secteur, région et qualification.
Y accéder en reconversion
Voie rapide en reconversion : Titre professionnel Soudeur (niveau 3) — de 3 à 9 mois selon l'organisme, finançable CPF. Couvre les procédés MIG/MAG et électrode de base. Pour le TIG (plus précis, mieux payé) : formation complémentaire de 2 à 3 mois. Les certifications de soudeur (EN ISO 9606) sont distinctes de la formation initiale — passées en fin de formation ou en emploi, délivrées par des organismes agréés (Bureau Veritas, APAVE…). AFPA et certains CFA proposent des formations courtes en reconversion. L'alternance existe mais est moins utilisée en reconversion adulte que le titre professionnel pur. La pratique est déterminante : il faut des heures d'arc pour progresser.
La pénibilité, sans filtre
- Fumées de soudage : même avec ventilation, exposition réelle aux métaux vaporisés — masque de protection respiratoire indispensable
- Sollicitation musculo-squelettique : positions contraignantes, bras tendus, regard fixé sur le bain de fusion
- Chaleur et projections : le métal en fusion projette des éclaboussures — brûlures légères fréquentes en début de carrière
- Répétitivité en atelier de série : souder 50 fois la même pièce peut devenir lassant rapidement pour les profils qui cherchent de la variété
- Acuité visuelle et dextérité sous pression : la qualité d'une soudure est directement visible et mesurée — pression sur la précision du geste
Évolutions possibles
- Soudeur multi-procédés certifié : maîtriser MIG/MAG + TIG + électrode + soudage orbital = profil très recherché et bien payé
- Chaudronnier-soudeur : assemblage de pièces complexes, lecture de plans avancée
- Tuyauteur-soudeur : spécialisation chantier (pétrochimie, nucléaire, industrie agroalimentaire) — salaires élevés
- Contrôleur de soudure ou inspecteur CND (contrôle non destructif) : avec formation complémentaire (radiographie, ultrasons)
- Chef d'équipe ou technicien en bureau de fabrication (avec BTS Chaudronnerie industrielle)
Pour toi si…
Pour quelqu'un qui aime le travail manuel précis, qui a de la patience pour maîtriser un geste technique sur le long terme, et qui veut un métier avec une vraie valeur marché. Pour un profil qui supporte les conditions d'atelier (bruit, chaleur, équipements) et qui trouve de la satisfaction dans un travail visible et tangible.
Évite si…
Évite si tu es sensible aux fumées ou aux environnements bruyants — c'est structurel. Évite si tu cherches de la variété et du contact humain intense — le soudeur est souvent seul à son poste. Évite si la précision du geste sous contrainte te stresse : un cordon raté sur une pièce critique, c'est le rebut ou pire. Et si tu imaginais que ça ressemble au soudage d'un tuyau de jardin, c'est une autre échelle de rigueur.
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