Tu poses et raccordes des systèmes de panneaux solaires photovoltaïques sur des toitures ou au sol, pour des particuliers, des entreprises ou des collectivités. C'est un métier à la croisée de l'électricité et de la couverture, porté par un marché en très forte croissance. La réalité : carnet de commandes plein partout en France, formation courte accessible, mais travail en hauteur et sous toutes conditions météo.
Les missions
- Préparer le chantier : étude de la toiture (résistance, orientation, ombrage), calcul de la puissance installable
- Poser les structures de fixation (rails, supports) sur la couverture sans compromettre l'étanchéité
- Installer les panneaux photovoltaïques et les câbler entre eux (string)
- Raccorder l'installation à l'onduleur (convertisseur DC/AC) et au tableau électrique
- Réaliser la mise en service et les tests de rendement
- Rédiger les dossiers de déclaration (consuel, Enedis pour la revente) et former le client à l'utilisation
Le cadre (où, avec qui)
Chantiers chez des particuliers (maisons individuelles), bâtiments commerciaux, hangars agricoles, ombrières de parking, centrales au sol. Travail en extérieur, en hauteur sur les toitures, avec les contraintes météo (chaleur l'été en toit, gel en hiver). En équipe de 2 à 3 personnes selon la taille de l'installation. Le secteur est en pleine expansion : les aides d'État (MaPrimeRénov', autoconsommation) alimentent une demande structurelle. Les entreprises cherchent activement des installateurs qualifiés — la tension de recrutement est forte.
Une journée type
8h : arrivée sur le chantier, réunion rapide avec le client, vérification de la toiture et du matériel. Sécurisation du poste (harnais, lignes de vie). Pose des rails de fixation (perçage, scellement). Montée et fixation des panneaux. Câblage DC entre les panneaux. Descente pour le raccordement onduleur. Tests, mise en service, explication au client. Un chantier résidentiel standard (6 à 12 panneaux) se fait en 1 à 2 jours.
La réalité du salaire
Installateur débutant : 1 900–2 300 € brut. Avec qualification et expérience (habilitation électrique B2V, travaux en hauteur) : 2 400–2 900 € brut. Chef d'équipe ou technicien SAV photovoltaïque : 2 800–3 300 € brut. En indépendant (auto-entrepreneur) : tarifs de pose autour de 1 500–3 000 € HT par chantier résidentiel selon la puissance — un installateur autonome qui enchaîne 3 chantiers/semaine peut dégager 40 000–55 000 € HT/an. ⚠️ Ordres de grandeur, le secteur évolue vite.
Y accéder en reconversion
Pas de diplôme unique imposé, mais un socle de certifications indispensables : (1) Habilitation électrique B2V + BR (obligatoire pour le raccordement, 3–5 jours, finançable CPF) ; (2) Formation travaux en hauteur (PRAP/port du harnais, 1–2 jours) ; (3) Certification QualiPV (recommandée pour les aides d'État, 3 jours). Titre professionnel Installateur en Génie Électrique spécialité photovoltaïque (niveau 3, 3–6 mois, AFPA/GRETA, finançable CPF) : la voie la plus complète. En reconversion rapide : un électricien ou un couvreur peut se qualifier en quelques semaines avec les certifications ciblées. Les entreprises du secteur forment souvent en interne les profils motivés.
La pénibilité, sans filtre
- Travail en hauteur et en toiture : même risques que le couvreur — chute, glissade, instabilité
- Chaleur extrême l'été : les toitures en zinc ou tuiles exposées au soleil atteignent 60–70°C — conditions difficiles
- Port de charges en hauteur : les panneaux (15–25 kg chacun) se montent sur le toit
- Exposition aux UV et aux conditions météo : journées en plein soleil ou sous la pluie selon les délais
- Évolution rapide des technologies : les produits et les réglementations changent vite — formation continue nécessaire
Évolutions possibles
- Technicien SAV et maintenance photovoltaïque : entretien, remplacement d'onduleurs, diagnostic de pannes — travail moins physique
- Chef de projet solaire : dimensionnement d'installations plus grandes (industrielles, agricoles), relation client amont
- Chargé d'affaires en énergie renouvelable : pilotage commercial et technique des projets
- Intégration sur d'autres énergies renouvelables : pompe à chaleur (RGE PAC), bornes de recharge électrique (IRVE)
- Formateur habilitation électrique ou photovoltaïque
Pour toi si…
Pour quelqu'un qui a des bases en électricité ou en couverture et qui veut se repositionner sur un secteur d'avenir, ou pour un profil qui cherche une reconversion rapide dans un métier manuel technique avec une forte demande. Pour quelqu'un qui est à l'aise en hauteur et qui accepte les conditions météo.
Évite si…
Évite si la hauteur est un problème — c'est aussi présent que chez le couvreur. Évite si tu n'as aucune base technique (électricité ou bâtiment) et que tu veux une reconversion en 2 semaines — il faut un minimum de socle. Et si tu cherches un métier d'intérieur ou sédentaire, ce n'est pas le bon.
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