Tu livres des repas, des colis ou des plis à vélo (ou vélo cargo) en ville, souvent via une plateforme (Uber Eats, Deliveroo) ou une coopérative. C'est un métier de mouvement, accessible immédiatement et flexible — mais avec une réalité économique dure (statut auto-entrepreneur, revenus à la course, usure physique) qu'il faut connaître avant de se lancer.
Les missions
- Récupérer les commandes (repas, colis, plis) chez les commerçants ou les entrepôts
- Livrer aux clients dans les délais, en optimisant son itinéraire en ville
- Gérer l'application de livraison : accepter les courses, suivre le GPS, valider les livraisons
- Entretenir son vélo (mécanique de base, gonflage, freins, chaîne) et son équipement (sac isotherme)
- Gérer la relation client de livraison (remise en main propre, codes, étages) et les imprévus (adresse erronée, client absent)
- Pour les coopératives/coursiers pros : gérer ses encaissements, sa facturation, sa relation commerciale
Le cadre (où, avec qui)
Centres-villes, principalement pour des plateformes de livraison de repas (statut auto-entrepreneur indépendant) ou des coopératives/sociétés de coursiers (parfois salariés). Travail en extérieur par tous les temps (pluie, froid, chaleur, pollution). Horaires choisis en théorie, mais les pics de revenus sont aux heures de repas (midi, soir) et le week-end. Exposition forte au trafic urbain (risque d'accident réel). Pour les indépendants : aucune protection sociale équivalente au salariat, revenus variables à la course.
Une journée type
Connexion à l'application avant le service du midi. Enchaînement des courses : récupération au restaurant, course vers le client, validation, course suivante. Forte intensité pendant le pic du déjeuner (11h30-14h). Creux l'après-midi (souvent déconnexion ou autres petites courses). Reconnexion pour le service du soir (19h-22h), le plus rémunérateur. Entre les courses : attente, repositionnement vers les zones chaudes. Entretien du vélo en fin de journée. Les meilleurs revenus se font le vendredi et le week-end soir.
La réalité du salaire
Très variable et souvent surestimé. En auto-entrepreneur sur plateforme : la rémunération est à la course (souvent 3-6 € la livraison selon distance/plateforme). Revenu net réel après charges (cotisations, vélo, téléphone, assurance) : souvent 700-1 400 € net/mois pour un temps plein, avec de fortes variations. Les coursiers en coopérative ou salariés (plis, courses pro B2B) gagnent mieux et plus stable. ⚠️ R26 : ordres de grandeur — méfie-toi des promesses de « jusqu'à X € » des plateformes, c'est le haut de fourchette rare.
Y accéder en reconversion
Aucun diplôme requis : c'est l'un des métiers les plus immédiatement accessibles. Il faut un vélo (ou e-bike), un smartphone, et s'inscrire sur une plateforme (statut auto-entrepreneur à créer, simple et gratuit) ou postuler dans une coopérative/société de coursiers. Bonne condition physique indispensable. Connaître la ville et la mécanique vélo de base est un vrai plus. Aucune barrière à l'entrée, mais aucune garantie de revenu non plus.
La pénibilité, sans filtre
- Danger de la route : le risque d'accident en milieu urbain est réel et élevé — c'est la pénibilité numéro un, parfois grave
- Conditions météo extrêmes : tu roules sous la pluie, le froid, la canicule, dans la pollution — aucune protection
- Précarité du statut auto-entrepreneur : pas de salaire fixe, pas de congés payés, protection sociale minimale, revenus à la course
- Usure physique : pédaler des heures chaque jour, porter des charges (sac à dos lourd) — fatigue et risques articulaires
- Dépendance à l'algorithme : la plateforme contrôle l'attribution des courses et la rémunération, sans réelle négociation possible
Évolutions possibles
- Coursier pro en coopérative ou société (plis, courses médicales, B2B) : statut et revenus plus stables
- Coursier vélo-cargo / logistique du dernier kilomètre : marché en croissance (livraison écologique pour entreprises)
- Créer sa micro-entreprise de coursier et démarcher des clients pros directement (meilleure marge)
- Responsable d'exploitation ou dispatcher dans une société de coursiers
- Tremplin temporaire : beaucoup l'utilisent comme revenu d'appoint le temps d'une autre reconversion
Pour toi si…
Pour quelqu'un qui veut travailler immédiatement, sans diplôme, avec de la flexibilité, et qui aime le vélo et le mouvement en ville. Pour un profil sportif, autonome et lucide sur la réalité économique. Bon comme revenu d'appoint ou transition, à condition de ne pas en attendre un salaire confortable et sécurisé.
Évite si…
Évite si tu comptes sur un revenu stable et sécurisé : le statut auto-entrepreneur en plateforme est précaire. Évite si ta condition physique ne suit pas — c'est très exigeant. Évite si le danger de la circulation urbaine t'angoisse (le risque est réel). Et ne crois pas les promesses de revenus mirobolants des plateformes : la réalité nette est bien plus basse.
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